Aucun art n'a été autant dénoncé que la poésie. Même les poètes la déplorent : « Moi aussi, je la déteste », écrit Marianne Moore. « Beaucoup plus de gens s'accordent à détester la poésie », écrit Ben Lerner, « que ceux qui s'accordent sur ce qu'est la poésie. Moi aussi, je la déteste et j'ai largement organisé ma vie autour d'elle, sans que cela soit perçu comme une contradiction, car la poésie et la haine de la poésie sont inextricablement liées, d'une manière que j'ai pour objectif d'explorer. »
Dans cet essai inventif et lucide, Lerner prend la haine de la poésie comme point de départ de sa défense de cet art. Il examine ses plus grands ennemis (à commencer par la célèbre affirmation de Platon selon laquelle une cité idéale n'aurait pas de place pour les poètes, qui ne feraient que corrompre et égarer la jeunesse) ainsi que ses plus grands et ses pires praticiens, proposant des lectures attentives et inspirées de Keats, Dickinson, McGonagall, Whitman et d'autres. Il tente d'expliquer le noble échec au cœur de tout poème, aussi grand qu'horrible : la volonté de projeter l'expérience d'un individu dans une existence collective intemporelle. La haine de la poésieLerner a élaboré un examen divertissant, personnel et entièrement original d’une vocation non moins essentielle pour être impossible.
Publié par Fitzcarraldo Editions